mardi 25 juillet 2017

En Cappadoce (dos)

Nous quittons la vallée de Soganli en direction de Nevsehir, principale ville de la Cappadoce. Nous y dénichons un concessionnaire Ford. Le cardan sera commandé à Istanbul et pourra être remplacé dans quatre jours: c'est le temps que nous pensions consacrer aux environs. Nous pouvons rouler sans problème en deux roues motrices.
Nous arrivons dans l'après midi à Uchisar pour escalader la citadelle, l'ancien village creusé dans le rocher qui domine les principales vallées de la Cappadoce.

(clic pour le diapo)






Encore un beau bivouac, vue splendide sur le village dans la nuit.

Nous partons à pied au matin, par la magnifique vallée des pigeonniers jusqu'à Göreme. Après le déjeuner, nous visiterons le musée de plein air et ses belles églises. C'est le site le plus fréquenté de la Cappadoce. Il y a 250 églises rupestres en Cappadoce, dont 150 comportent un décor peint important.













Un berger nous fait découvrir l'étroit tunnel qui nous permet d'éviter le ravin infranchissable qui nous barre le passage.









Retour en fin de journée en taxi vers Uchisar. Nous serons convié à boire un verre de vin rouge chez l'un des meilleurs producteurs locaux. Le jeune homme qui nous a invité parle très bien le français, pour avoir vécu à Montpellier. Pour lui, et ses amis, Erdogan veut devenir le Bachar el Assad de la Turquie! Il reconnait, bien sûr, la modernisation du réseau routier... mais la plupart des turcs ne peuvent pas s'acheter une voiture. Il met à mal les assertions de notre interlocuteur de Sultanhani: la santé n'est pas gratuite, les personnes âgées et les familles ne sont pas aidées, ou si peu, l'université n'est pas accessible à tous, il faut payer partout et la corruption règne.
Bivouac sous les étoiles au même endroit qu'hier.










lundi 24 juillet 2017

En Cappadoce (uno)

Le temps n'est pas de la partie et il ne fait pas bien chaud quand nous arrivons à Sultanhani. Ce caravansérail seldjoukide du XIII° siècle est l'un des plus beaux de Turquie.








Nous passons un agréable moment en compagnie d'un commerçant qui parle un français parfait. Fervent partisan d'Erdogan, il se réjouit des sondages qui donnent le "oui" largement gagnant et se félicite des réalisations du président: réseau routier moderne, politique de santé efficace, avancées sociales importantes et recul de la pauvreté: un vrai catalogue et une vraie ... démocratie. A notre demande, dans le quotidien du jour, il finit par dégoter, en page 28, et en tout petits caractères, un entrefilet qui fait allusion aux rares partisans du "non".

En fin de journée, nous découvrons, dans la grisaille, les premiers cônes volcaniques de Cappadoce: le monastère de Selime nous marque l'entrée de la vallée de Peristrema.





Nos heures de marche dans  Istanbul nous ont mis en condition pour jouer les cabris d'un grotte à l'autre, d'une église à un réfectoire, d'un ossuaire à un pressoir.
Nous trouvons un bivouac tranquille au pied même des cônes, bercés par le murmure de la rivière.
Il pleut, au matin. Nous randonnons sous la pluie vers les églises de la vallée d''Ihlara et revenons vers celles de Belirsima.








Sur la route de Derinkuyu, je ne perd pas l'occasion, en sortant d'un stationnement boueux qui a nécessité l'enclenchement du 4x4, de casser le cardan avant gauche: plus de 4x4!
Nous descendons dans la ville souterraine jusqu'à son 8° niveau (elle en compte 11) à 55m de profondeur. Un impressionnant réseau de tunnel étroits dessert les étables, les réserves, les chambres d'habitation, les cuisines ou la chapelle. Des puits allant jusqu'à 80m assurent l'aération. Trente mille personnes pouvaient, en cas d'agression, trouver refuge dans la ville souterraine que rien ne signalait en surface. Chaque village, ou presque, possédait sa ville souterraine.




La photo (bien que floue) montre le système de fermeture des accès.




Nous nous dirigeons vers la vallée de Soganli (la vallée des tulipes) moins fréquentée car à l'écart des grands axes, mais certainement l'une des plus intéressantes de la Cappadoce.

Clic sur la photo, et le diaporama démarre!


















Ni le roucoulement des pigeons, ni le chant des moines, malheureusement, ne troubleront notre nuit.
Mais avant de dormir, nous partagerons un sympathique apéritif avec un couple de français, les premiers voyageurs individuels que nous rencontrons.