jeudi 23 août 2018

De Saint Jean Pied de Port à Teruel par les pistes.

Il m'en aura fallu du temps, pour trier mes photos.
Faute d'Amérique du sud, nous sommes partis au mois de juin sur les pistes espagnoles, aidé en cela par les "road book" n°28 et 29 des éditions Vibraction.
Le premier nous emmène de Saint Jean pied de port à Teruel, soit 665 km dont 350 km de pistes et 335 km de routes. Sans compter nombre de détour vers des lieux d'intérêt touristique hors road book.



Cette première partie représentée en jaune sur la carte ci-dessus, nous aura pris une petite dizaine de jours par un temps assez mitigé et après des semaines de pluie: à deux reprises, nous avons dû renoncer et faire demi-tour sur des pistes boueuses impraticables.
Le compte rendu en images.

Nous connaissons bien la toute première partie du trajet et nous ne prenons le road book qu'à Oroz Betelu, joli village de la Navarre espagnole où nous établissons notre premier bivouac. Ici je crois, le village de Aristu.


Lumbier mérite une petite visite et nous permet de partir à la découverte...


... de la Foz de Arbaiun...

...comme de la Foz de Lumbier, toute deux creusées par le rio Salazar et occupées par nombre de vautours fauves.


Nous faisons un détour par le splendide monastère de Leyre...


... et sa belle crypte romane. Après les vêpres et les chants grégoriens, nous bivouaquons en toute tranquillité sur le parking du monastère malgré un violent orage et des trombes d'eau.



Nous nous attardons un long moment dans le joli village de Leache, au pittoresque rues très étroites.


La piste de terre qui longe le rio Aragon, non contente d'être en travaux, est recouverte de boue. Nous faisons demi-tour après quelques zig-zag non programmés et contournons la difficulté.  Grâce à quoi nous découvrons le bel ermitage de San Loizo.


Depuis les hauteurs de Carcastillo, la large vallée de l'Aragon que nous avons évitée ne semble pas si humide.


Plus loin, les Bardenas nous offrent un magnifique ciel d'orage. Et seulement quelques gouttes.


A Arguedas, nous rejoignons la vallée de l'Ebre que nous traverserons plus loin sur d'étroites pistes agricoles qui sinuent entre les champs de choux - oh, tout ces lapins! - et d'artichauts, et franchissent nombre de canaux d'irrigations. Enfin la piste s'élève sur les premières collines, de flaque en flaque, jusqu'au village de El Buste. Nous trouvons notre bivouac près de l'ermitage de San Roque. Les habitants du pueblo ne se souviennent pas d'avoir jamais vu panorama plus vert. Ils ont bien en mémoire, par contre, cette journée dans les années 60 où quatre avions de chasse survolaient à basse altitude les reliefs enneigés: deux sont passés un peu trop bas et se sont désintégrés sur les rochers qui surplombent l'ermitage.



Après le parc d'éoliennes, la boue, encore, nous oblige à un large détour par la route et Borja, qui vaut bien une visite. Le petit musée de la collégiale est bien intéressant.


Nous rejoignons notre road book avant Vera de Moncayo et sa belle région viticole, réputée pour ses vins blancs pétillants. Les moines ne s'y sont pas trompés, qui y ont installé l'immense domaine du monasterio de Santa Maria de Veruela, l'un des plus beaux monastère d'Espagne.



Nous grimpons sur les contreforts de la sierra de Moncayo. Quelquefois, les nuages nous laissent entrevoir les cimes enneigées.



Rien ne viendra troubler notre bivouac, en pleine nature, pas même l'orage.


Nous redescendons par de jolies pistes vers les grandes oliveraies et le beau village de Gotor.




L'imposante masse de l'église mudéjar domine les maisons du village, sillonné d'étroites ruelles. Beaucoup de ces maisons sont malheureusement en vente et peinent à trouver preneur.



Les pistes de terre ocre traversent vignes et oliveraies dans un paysage creusé par l'érosion, sautant allègrement les nombreux petits canyons.


Un petit détour nous conduit au pied de la cathédrale mudéjar de Catalayud à la découverte des belles rues colorées de la ville. La verticale a déserté la ville depuis bien longtemps: nombre de maisons sont effondrées en périphérie et le centre lui même nécessite d'importantes restaurations.



Il y demeure toutefois de superbes maisons dont les façades sont protégées par d'hallucinants avant-toits.


Au dessus d'Ateca, la piste, pas facile à trouver, en montée sévère, se glisse dans la végétation, rude épreuve pour la carrosserie, pour nous offrir enfin un panorama à 360°, au prix d'une courte ascension au départ du col. C'est le premier endroit où le 4x4 s'avère vraiment nécessaire pour arracher nos 3 tonnes à la pesanteur.



Une petite plage au bord du lac de barrage de la Tranquera nous autorise un bivouac idéal.




 Au dessus du village de Nuevalos, le monastère cistercien de la Piedra, construit au XII° siècle, attire la foule des voyageurs, tant par la beauté de son architecture que par son étonnant parc modelé par la rivière Piedra qui s'y répand en cascades impressionnantes et y creusent de sombres grottes. Il y faut deux heures de visite et de bons mollets! La hauteur des eaux était exceptionnelle lors de notre visite mais pas leur transparence.






Une vielle famille de Ibdes entretient le délicieux ermitage de San Daniel. Les roses y fleurissent comme nulle part ailleurs.


La petite ville de Jaraba s'enorgueillit de quatre établissement de thermalisme que lui permet les 80 sources qui y jaillissent. Nous y faisons notre plein d'eau minérale, adieu les rhumatismes...


Nous trouvons un magnifique bivouac au fond de la gorge dominée par le sanctuaire de la Virgen de Jaraba, malheureusement innacessible depuis 2017 en raison de risques d'éboulement.
Seul le gros moteur d'un toyota belge, surmonté d'une tente de toit, troublera notre quiétude en faisant rugir tous ses chevaux dans la très forte montée qui donne accès aux rives de la falaise. C'est bien le premier véhicule que nous rencontrons sur les pistes. Sans doute suit il le même road book. Inutile de dire que nous ne le rattraperons pas. Mais nous verrons souvent ses traces de pneus dans les jours suivants.



Petit détour encore, pour le pain et le gasoil, et même un petit resto, jusqu'à Molina de Aragon toujours veillé par ses remparts médiévaux.




La pluie s'est invitée à notre promenade, et c'est bien dommage: nous ne profitons qu'à moitié des aperçus vertigineux sur la Hoz qui se resserre autour du sanctuaire de la Virgen de la Hoz




Nous bivouaquons au confluent du Taje et du rio Gallo: les eaux limpides du premier ne se mélangent pas tout de suite aux eaux limoneuses du rio Gallo. Sans doute allons nous vers un temps moins pluvieux puisque nous allons suivre le cours du rio Tajo.



Nous entrons donc dans le parc naturel du haut Taje où nous ne rencontrerons pas âme qui vive.




Le Taje dévale en cascade les ruines du barrage hydroélectrique que l'Espagne a voulu construire ici vers 1900, c'est le salto de Poveda. Nous quittons les forêts humides de l'alto Tajo pour les collines plus arides de la sierra d'Albarracin.


Nous voila bientôt au dessus de l'un des plus beaux villages d'Espagne bâti sur un piton rocheux et protégé des envahisseurs par de longs remparts scandé de hautes tours de défense.



La vielle ville serrée autour de la plaza Mayor et de la cathédrale San Salvador demeure dans un état exceptionnel. On y croise malheureusement plus de touristes que d'habitants.











Au bord du rio Guadalaviar, les coquelicots ont abandonné le rouge pour un tendre rose layette.




L'espace protégé des pinèdes de Rodeno dévoile d'étonnants paysages où se mèlent d'énormes blocs de grès rouge aux formes arrondies et les pins qui semblent surgir de la roche elle même.




J'ai honte à dire que, parc naturel ou pas, nous avons frauduleusement cueilli dans ces bois un gros kilo de cèpes qui nous ont régalé deux jours de suite.



Les nombreux abris sous roche ont offert les parois les plus lisses au talent de nos ancêtre du paléolithique.


 Quelques kilomètres avant Teruel, nous retrouvons les terrains ocres et les paysages des environs de Catalayud.




Sur les derniers kilomètres, la piste se confond avec le rio. La pluie n'est pas loin mais nous laisse le temps d'entrer dans la ville et de trouver un très bon bivouac à quelques minutes, à pied, du centre ville.

Nous accédons au cœur de la ville par le monumental escalier construit au début du XX° siècle et dont l'inspiration mudéjar ne fait pas de doute.



 Tous les monuments anciens, La cathédrale du XIII° siècle, les tours des églises san Pedro et san Martin, reflètent l'ancienne domination arabe. L'art mudéjar y atteint ses sommets.







La chrétienté n'est pas en reste tant par ce retable du XVI° siècle que par cet aqueduc bâti en 1557.


Nous achevons ici ce road book n° 28 de Vibraction (https://www.vibraction.org/) et nous voulons remercier ses créateurs qui ont vraiment fait un super travail.
Nous avons enchaîné sur le road book n°29 qui nous a mené de Teruel à Grenade et qui fera l'objet d'un autre article.

2 commentaires:

  1. Maaagnifique!!! La nature, l'architecture, les photos elles-mêmes... tout est splendide! Ça ne donne qu'une envie: y aller aussi! L’Espagne est décidément un pays magnifique, pas besoin de traverser les océans pour découvrir des merveilles! D'ailleurs, c'est rare, mais j'aurais apprécié plus de photos sur le début, c'est dire.
    Merci du partage.
    Alice.

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  2. Bah ! ça vaut largement l'Amérique latine , en plus on trouve des cèpes ....et des peintures rupestres , superbe !

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